Voyage dans les mémoires d’un Fou

 Voyage dans les mémoires d’un Fou 

 Voyage dans les mémoires d'un Fou

« Voyage dans les mémoires d’un Fou, Un voyage extraordinaire qui nous emmène loin de ce monde, mais aussi près de nous, de notre propre vie, de nos propres sentiments, et de notre propre vision de ce monde, qui peut nous paraître si fou ! En un mot le personnage de ce spectacle , n’est pas un fou mais un poète ! un génie !  » Marmotte Bleue

 

 

 

Céline P ; « Etes-vous l’auteur du texte « Voyage dans les mémoires d’un fou », si oui, comment vous est venu l’idée d’écrire ce texte ? Un personnage réel ou fictif vous a-t-il inspiré? »

Lionel C : « Oui, effectivement je suis l’auteur de ce texte. Mes inspirations sont assez diverses. Pour la trame d’écriture l’idée m’est venue en lisant un roman de Flaubert « les mémoires d’un fou ». Mais dans le fond je m’en suis rapidement éloigné. Après pour ce qui est du fond même du propos mon inspiration c’est simplement la vie… Comme pour mes deux précédents « seul en scène ». Ça fait bateau de dire ça mais c’est la vérité, J’entends et je vois des choses, j’en vis certaines. J’adore observer et écouter, j’essaie de rester alerte à tout ce qui m’entoure. »

 

 

Céline P : « Le festival d’Avignon touche bientôt à sa fin, comment se passe votre premier festival ? »

Lionel C : « Le festival d’Avignon s’est TRÈS bien passé. C’était effectivement une première expérience pour moi. Évidemment je vis de ce métier depuis plusieurs années maintenant… Mon premier seul en scène a été créé en 2005, soit il y a 10 ans. Mais le fait de jouer au festival d’Avignon c’était une première pour moi et très sincèrement c’est une expérience unique et inoubliable. Le fait d’être en prise direct et permanente avec le public donne une vérité au métier de comédien tel que je le conçois. C’est vraiment chouette d’aller tracter, de défendre un projet qu’on a écrit, qu’on interprète seul en scène et dans lequel on tend à raconter des choses qui nous paraissent vitales. Et puis de voir le public dans la salle, de reconnaître des visages qui semblaient dubitatifs à la terrasse d’un restaurant, mais qui sont venus et qui sont là, et qui aiment le spectacle, et qui vous attendent à la sortie et avec qui on va boire un verre en sortant pour parler du spectacle. Le festival c’est le lieu de tous les possibles. Non seulement c’est magique mais très sincèrement c’est véritablement ça ce métier. Ça ne devrait être que ça, une prise direct, continue et permanente avec le public. J’ai adoré cette remise à sa place de l’endroit où je conçois mon métier. Et puis, nous avons eu la chance d’intéresser énormément de professionnels. Nous rentrons à Paris avec un dossier de presse fort de 6 ou 7 articles  et une dizaine de ventes actée. C’est la certitude d’une vie prochaine de ce spectacle. Que pouvait-on espérer de mieux pour une création. C’est vraiment incroyable ce qu’il s’est passé pour ce spectacle. Quel sublime accueil!! Personnellement je n’en reviens pas encore tout à fait et je me sens extrêmement chanceux de vivre ça.

 

Céline P : « Et après le festival d’Avignon, la pièce sera-t-elle jouée à Paris ? ou ailleurs ? »

Lionel C : « Comme je le disais la pièce a intéressé de nombreux professionnels. Il y aura donc des dates en tournées en province qui ont été actées ici directement. Pour la reprise parisienne à la rentrée c’est trop court pour septembre / octobre mais plusieurs théâtres parisiens se sont aussi manifesté. Pour le moment rien n’est signé. Je ne peux pas vous dire quand ni où mais oui la pièce se rejouera à Paris, c’est sûr. Probablement en deuxième partie de saison. Affaire à suivre. ».

 

 

Céline P : « Cette pièce est-elle plus difficile à jouer tous les jours, que si elle était jouée qu’une fois par semaine ? »

Lionel C : « Non, la pièce n’est pas plus difficile à jouer qu’une autre. Le seul en scène est un exercice difficile qui demande beaucoup d’énergie et je ne le conçois qu’avec un investissement maximum donc c’est vrai que c’est très physique mais pas plus qu’une autre. D’ailleurs je l’ai joué ici au festival d’Avignon tous les jours à 17h, alors que j’en jouais une deuxième à 12h30 et que je tractais tous les jours pour les deux pièces. Quand t’as fait ça tu peux tout faire! C’est un exercice que je connais d’être seul au plateau et surtout c’est un exercice que j’apprécie… Quand on aime… »

 

 

 

Céline P : « Le rythme de ce spectacle est très soutenu, je dirais même très physique ? Le festival se déroule sur plusieurs semaines, vous êtes-vous entrainé spécialement pour cela ? »

Lionel C : « Un entraînement particulier? Oui. Pas vraiment pour cette pièce. Mais pour Avignon, oui! Je suis quelqu’un de très sportif. Je connais mon corps et surtout je connais l’importance d’être à l’écoute de son corps en général. Donc je ne pouvais pas me lancer pour un mois de festival sous 40 degrés durant lequel j’allais jouer deux spectacles, avec l’énergie que ça demande, le stress que ça génère, sans envisager de bien préparer mon corps. Je travaille beaucoup, et avoir un rythme de vie sain et adapté à ce que je fais c’est aussi le travail de comédien d’après moi. Avignon c’est la coupe du monde du théâtre, aucun joueur ne part à la coupe du monde sans s’être préparé mentalement ni physiquement. »

 

 

Céline P : « Voyage dans les mémoires d’un fou, parle de la folie des hommes, comment vous Lionel Cecilio vous voyez vous, comme un fou ? Après ce festival, si prenant, si intense que vous comparez même à la coupe du monde du théâtre »

Lionel C : « La pièce parle exactement de ça! De la folie des hommes ou plus particulièrement de la folie du monde. Ce qui m’intéresse c’est de comprendre pourquoi le monde est si fou qu’il finit par stéréotyper et repousser à la marge les folies individuelles de chacun. Ce spectacle traite de l’individuel face à la masse. D’ailleurs l’une des phrases du spectacle est « …frustration de la petitesse du nombre qui subissait sans broncher le despotisme d’un seul... » J’aime l’idée d’admettre que nos folies individuelles sont saines mais que le monde marche sur la tête de ne pas nous les autoriser et de ne pas les reconnaître. Du coup, je me vois moi aussi comme un fou… Si le fou dans ce monde est celui qui refuse de suivre les lignes tracées par d’autres pour lui alors oui je suis fou et je dirai même que je tends à cultiver cette folie! Mais c’est drôle que vous me posiez la question sous cet angle… Est-ce que je me sens fou après ce festival? Oui!! Je me sens encore plus libre donc encore plus fou et en même temps serein parce que je me rends compte qu’on est une armée entière de fous et ça me donne de l’espoir!

 

Céline P : « Les mots coulent comme une eau limpide tout au long de votre spectacle, d’une facilité sans barrière pour un poète. Mais aujourd’hui pensez-vous qu’être un poète, c’est être un peu fou, dans cette société?

Lionel C : « Oui, c’est ce que je dis dans le spectacle. La vie est un éternel recommencement et à présent les poètes sont à la fois les fous parce que les ovnis d’un monde qui cherche à tous prix à tout rendre concret. Mais ils sont aussi les nouveaux sauveurs du monde. Le spectacle le dit « …le poète est le prophète… » C’est d’ailleurs pour ça que dans la question précédente je vous disais que durant ce mois de festival j’en avais croisé une armée entière et que ça m’avait donné de l’espoir. Les poètes sont bel et bien là, nombreux, en pleine forme ! »

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